Mondiaux de course sur route 2026 : Agathe Guillemot championne du monde, Ngetich bat le record du semi

Chapô : Copenhague, 19 et 20 septembre 2026. En deux jours, les Championnats du monde de course sur route ont livré un titre mondial français sur le mile avec record d'Europe pour Agathe Guillemot, un record du monde du semi-marathon féminin pour Agnes Jebet Ngetich et un record d'Europe du semi pour Andreas Almgren. Le récit, les chronos, et ce que ces courses t'apprennent pour ta propre préparation.
Agathe Guillemot, première Française titrée sur le mile
Samedi 19 septembre, sur un parcours en V tracé dans les rues de la capitale danoise, Agathe Guillemot, 27 ans, est devenue championne du monde du mile sur route en 4'22"74. Ce chrono est à la fois la meilleure performance mondiale de l'année sur la distance (1,609 km) et un nouveau record d'Europe, qui efface la marque établie quelques semaines plus tôt par la Britannique Jemma Reekie.
Le scénario est celui d'une course de patience. L'Éthiopienne Freweyni Hailu, vice-championne du monde en 2023, a mené une grande partie de la course, accompagnée de l'Américaine Addison Wiley. Guillemot est restée en retrait dans un peloton compact, puis a déclenché son accélération dans la dernière ligne droite. Hailu termine deuxième en 4'24"35, la Kényane Mirriam Cherop troisième en 4'25"71. La Bretonne devient la première Française titrée sur cette épreuve en championnat du monde.
Ce titre conclut une saison déjà très dense, marquée par un record de France du 1 500 m et une médaille d'argent en relais mixte aux Mondiaux de cross. Côté masculin, Flavien Szot a signé un record de France en 3'53"44 pour prendre la cinquième place du mile remporté par l'Allemand Robert Farken (3'51"80) devant l'Américain Yared Nuguse (3'52"33).
Ngetich efface le record du monde du semi féminin
Dimanche, la Kényane Agnes Jebet Ngetich a dominé le semi-marathon féminin de bout en bout. Elle s'impose en 1h05'15, nouveau record du monde d'une course exclusivement féminine, une seconde de mieux que la marque de Peres Jepchirchir. Son avance à l'arrivée sur sa compatriote Veronica Loleo (1h06'05) est de 50 secondes. La Rwandaise Florence Niyonkuru complète le podium en 1h06'08 avec un record national.
Le Kenya remporte le classement par équipes, mais les États-Unis créent la surprise avec l'argent grâce à Emma Grace Hurley, Weini Kelati Frezghi et Jessica McClain, toutes trois dans le top 7. Chez les Françaises, Mekdes Woldu termine 22e en 1h09'17, Alessia Zarbo 31e en 1h10'24 et Margaux Sieracki 33e en 1h10'27.
Almgren, le record d'Europe du semi en 58'06
La course masculine du semi a offert le duel le plus serré du week-end. Le Suédois Andreas Almgren a battu au sprint le Kényan Nicholas Kipkorir pour s'imposer en 58'06, un record d'Europe qui améliore de 35 secondes sa propre marque. Kipkorir termine en 58'11, l'Ougandais Joshua Cheptegei en 58'26. Le Kenya prend le titre par équipes devant l'Éthiopie et les États-Unis.
Pour la France, Bastien Augusto se classe 18e en 1h01'04 et Victor Boudin 28e en 1h01'36. À noter, l'Italien Yemaneberhan Crippa septième en 59'18.
Le 5 km : Seare fait tomber Ingebrigtsen
Samedi, le 5 km masculin a livré la surprise du week-end. L'Érythréen Dawit Seare a battu le Norvégien Jakob Ingebrigtsen dans la dernière ligne droite pour s'imposer en 12'56, record national. Ingebrigtsen, vainqueur du 5 000 m aux Mondiaux une semaine plus tôt, termine deuxième en 12'59, lui aussi record national. Jimmy Gressier se classe 14e en 13'17. Chez les femmes, l'Éthiopienne Likina Amebaw s'impose en 14'41.
Ce que ces courses t'apprennent
Trois leçons directement transposables à ton entraînement.
La patience paie plus que l'initiative. Guillemot a laissé Hailu et Wiley faire la course et n'a produit son effort qu'à la toute fin. Sur tes 10 km et semis, c'est exactement le piège inverse qui coûte cher : partir dans le rythme du groupe le plus rapide au kilomètre 1, puis subir. Une allure cible définie à l'avance, et tenue, vaut mieux qu'une bonne sensation de départ. Notre guide sur le travail au seuil explique comment construire cette allure de course à l'entraînement.
Le sprint final se prépare dans la séance, pas le jour J. Almgren et Guillemot ont tous deux gagné sur la dernière ligne droite après un effort long à haute intensité. Cette capacité à changer de rythme en fin de course se travaille avec des fins de séances progressives : les deux ou trois dernières répétitions plus rapides que les premières, ou une dernière minute de sortie longue au-dessus de l'allure cible. Peu de coureurs amateurs le font, tous en bénéficient.
Le record d'une seconde. Ngetich bat le record du monde d'une seconde après avoir couru seule pendant la majorité de l'épreuve. Ce qui rend ce type de performance possible, ce n'est pas un coup de génie mais une allure calibrée au mètre près, et donc une connaissance précise de ses propres allures. Si tu vises un chrono sur semi-marathon, le vrai travail commence par savoir exactement à quelle allure tu peux tenir 21 km aujourd'hui, pas celle que tu voudrais tenir.
Et sur le plan mental, retiens l'image de Guillemot incrédule sur la ligne : même une athlète d'un tel niveau ne se croit pas gagnante avant que ce soit fait. Le doute n'est pas un signal d'alerte, c'est le lot commun. Ce qui compte est le plan que tu exécutes malgré lui. Si tu veux construire ce plan avec un coach, c'est ce qu'on fait chez Le Triangle, à partir de 89 euros par mois. Voir les offres.
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