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Marathon de Chicago 2026 : Kiplimo, Kosgei et une chaleur qui change tout

Peloton de coureurs amateurs en pleine course sur une large avenue de ville, immeubles en arrière-plan

Dimanche 11 octobre, 53 000 coureurs s'élancent de Grant Park pour la 48e édition du marathon de Chicago, sixième Major de l'année. Jacob Kiplimo, 2h00'28 à Londres en avril, défend son titre. Brigid Kosgei revient sur le parcours de son record du monde de 2019. Mais le vrai sujet de la semaine, c'est la météo : un départ annoncé autour de 15 °C qui grimpe au fil de la matinée, sur une course que tout le monde a préparée pour le froid. Le plateau, et ce que ça t'apprend pour ton propre marathon d'automne.

Kiplimo, le grand favori qui n'a pas couru depuis six mois

Six hommes au départ ont couru sous 2h04 ces deux dernières années. Jacob Kiplimo domine la liste. L'Ougandais de 25 ans n'a disputé que trois marathons et a amélioré son record à chaque fois : 2h03'37 à Londres en 2025, 2h02'23 pour gagner Chicago l'an dernier, puis 2h00'28 à Londres en avril 2026, troisième derrière Sabastian Sawe et Yomif Kejelcha, passés sous les deux heures ce jour-là.

Un détail interpelle : avant chacun de ses marathons, Kiplimo avait couru un semi rapide en préparation. Cette fois, aucune course depuis Londres. Les médias américains attendent la conférence de presse pour savoir s'il y a eu un pépin.

Derrière, Amos Kipruto (2h01'39, deuxième ici l'an dernier) est le plus régulier, mais n'a gagné qu'un Major en douze participations. Tadese Takele (24 ans, 2h03'23) a remporté Tokyo en 2025 et 2026. Le record du parcours, 2h00'35 par Kelvin Kiptum en 2023, avait été établi entre 5 et 9 °C. Personne ne s'attend à le voir tomber dimanche.

Kosgei, Lokedi, Feysa : la course femmes la plus dense depuis Londres 2024

Sept femmes au départ ont déjà couru sous 2h18, le deuxième total jamais vu sur un marathon. Et à Chicago, il faut courir vite pour gagner : la gagnante est passée sous 2h15 cinq fois lors des six dernières éditions.

Brigid Kosgei, 32 ans, revient pour la première fois depuis son 2h14'04 de 2019, alors record du monde. Elle a gagné Tokyo en mars en 2h14'29, son meilleur chrono depuis sept ans, avec plus de deux minutes d'avance sur Hawi Feysa, tenante du titre à Chicago (2h14'57), et sur Sutume Kebede (2h15'55). Selon l'agent de Sharon Lokedi, Kosgei aurait annoncé un passage au semi visé en 65'30, qu'il juge peu réaliste vu la météo.

Sharon Lokedi est l'inconnue la plus intéressante. Double vainqueure de Boston (record du parcours en 2h17'22), elle court dimanche son neuvième marathon et son premier avec des lièvres sur un tracé plat, après huit courses vallonnées à Boston, New York et aux Jeux de Paris. Son coach Stephen Haas estime sa forme « probablement autour de 2h12 » par bonne météo.

La météo : 15 °C au départ, plus de 20 °C pour le gros du peloton

Chicago a d'habitude un matin de course à 11 ou 12 °C. Cette année, les prévisions ont oscillé : 25 °C de maximum annoncés en début de semaine, puis une tendance plus douce. À 96 heures de la course, le scénario était d'environ 15 °C au départ des élites à 7h30 (14h30 en France), 17 °C à l'arrivée des premiers hommes, ciel couvert, vent faible, point de rosée autour de 13 °C.

Pour les élites, c'est correct mais pas idéal : 3 à 8 degrés de trop pour un marathon en deux heures. Pour les 53 000 autres, le tableau est différent. Weather.com annonce des températures au-dessus de 20 °C en cours de matinée, un vent de sud et une humidité élevée. Un coureur en quatre heures finira dans une météo qui n'a rien à voir avec celle de son départ. Le chiffre cité par la météo américaine : environ 2 à 2,5 secondes perdues par mile et par degré Fahrenheit au-dessus de 15 °C, soit 10 à 12 minutes de plus sur un marathon couru à 21 °C.

Ce que ça t'apprend pour ton marathon d'automne

Si tu cours un marathon dans les prochaines semaines, Chicago est un cas d'école.

Entraînement. Tu as préparé ton marathon dans la fraîcheur de septembre. Si le jour J tourne à 20 °C, ton allure cible n'est plus la bonne. Les coachs de Lokedi et de Kosgei ajustent leurs allures de passage la veille de la course. Fais pareil : décide ton allure sur la météo réelle, pas sur ta séance de référence d'il y a trois semaines. Un départ 5 à 10 secondes au kilomètre plus prudent coûte peu, exploser au 30e coûte tout. On détaille cette logique dans notre guide pour éviter le mur du marathon.

Nutrition. Plus il fait chaud, plus les ravitaillements deviennent un vrai poste de gestion. Prends de l'eau à chaque point, même sans soif au 10e km, et garde ton plan glucidique habituel. S'il te reste quelques jours, notre guide sur l'acclimatation thermique explique comment habituer ton corps à la chaleur sans sacrifier l'affûtage.

Mental. Le piège le plus courant, c'est de courir sur l'objectif chrono fixé en août. Accepter avant le départ que le temps sera moins bon que prévu, c'est ce qui te garde la tête claire quand ça chauffe au 30e kilomètre, au lieu de t'effondrer parce que tu es en retard sur ton tableau de marche.

C'est exactement ce travail d'ajustement entre la préparation et le jour J que nos coachs font avec les athlètes qui préparent un marathon avec Le Triangle. Chicago part dimanche à 14h30, heure française. Regarde le passage au semi : il dira tout sur la façon dont les élites ont lu la météo.

*Sources : LetsRun.com (previews hommes et femmes, 7 et 8 octobre 2026), Weather.com (8 octobre 2026), Yahoo Sports.*

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Pierre-Alexandre, coach Le Triangle

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