Marathon de Berlin 2026 : Assefa à 68 secondes du record du monde, Adola en 2h02'50

Dimanche 27 septembre, la 52e édition du Marathon de Berlin a livré une course femmes qu'on n'oubliera pas de sitôt. Tigst Assefa a couru 40 km sur les bases du record du monde avant que son tendon d'Achille droit ne lâche. Elle a quand même gagné en 2h11'04, record du parcours. Chez les hommes, Guye Adola s'impose en 2h02'50 à 35 ans. Voici ce qui s'est passé, et ce que ça t'apprend pour ta propre préparation.
Assefa : le record du monde pendant 40 km, puis la douleur
L'Éthiopienne avait annoncé la couleur avant le départ : elle venait pour le record du monde de Ruth Chepngetich, 2h09'56. Et pendant 40 kilomètres, elle a été dedans. Passage au 10 km en 30'48, semi en 1h04'57, 30 km en 1h32'19. À cinq kilomètres de l'arrivée, sa projection donnait encore 2h09'36.
Puis, autour du 40e kilomètre, sa foulée s'est désorganisée. Elle s'est mise à boiter, a ralenti brutalement, mais a tenu jusqu'à la Porte de Brandebourg. Elle franchit la ligne en 2h11'04, soit 68 secondes au-dessus du record du monde, et s'effondre.
Le chrono reste énorme : troisième meilleure performance de l'histoire sur marathon féminin, record du parcours amélioré de 49 secondes par rapport à ses propres 2h11'53 de 2023, et plus de cinq minutes d'avance sur ses compatriotes Bedatu Hirpa (2h16'53) et Dera Dida (2h16'55). C'est sa troisième victoire à Berlin après 2022 et 2023, avec à chaque fois un record du parcours, une première dans l'histoire de l'épreuve.
Une rupture du tendon d'Achille, et sept mois d'arrêt
On a d'abord cru à une crampe. Ce n'en était pas une. Assefa a été prise en charge à l'hôpital à Berlin, puis transférée à Munich où elle a été opérée dès le lundi 28 septembre d'une rupture du tendon d'Achille droit.
Son manager Gianni Demadonna a précisé à la chaîne allemande NTV que la douleur avait commencé dès le 31e kilomètre et était devenue très intense à partir du 40e. Il évoque environ sept mois d'absence, avec un retour possible au Marathon de Londres en avril 2027.
Ce détail compte : elle a couru une dizaine de kilomètres avec un tendon qui souffrait déjà, à l'allure du record du monde. On y revient plus bas, parce que c'est précisément ce que tu ne dois pas reproduire.
Adola, 35 ans, et le meilleur chrono de sa carrière
Côté hommes, la course a été tactique bien plus longtemps. Dix coureurs se tenaient en deux secondes au 10 km, six passaient encore ensemble au semi en 1h01'01. Au 30 km (1h26'57), ils étaient sept à pouvoir gagner.
C'est entre le 30e et le 35e kilomètre que Guye Adola a fait la différence. Au 35 km, il comptait 9 secondes d'avance sur Gemechu Dida Diriba et 13 sur Selemon Barega. Il ne sera plus rejoint et s'impose en 2h02'50, nouveau record personnel. Son précédent, 2h03'46, datait de 2017, déjà à Berlin, derrière Eliud Kipchoge. Il avait ensuite gagné ici en 2021, et c'est sa deuxième victoire sur marathon en 2026 après Rotterdam au printemps.
Derrière lui : Diriba 2h03'19, le Tanzanien Gabriel Geay 2h03'59, puis Getaneh Molla (2h04'55) et Barega (2h04'58). Cinq Éthiopiens dans les huit premiers.
Les chiffres de l'édition
Quelques repères pour mesurer le niveau de ce dimanche.
Les deux chronos vainqueurs additionnés donnent 4h13'54, le deuxième cumul le plus rapide de l'histoire derrière Chicago 2024 (4h12'40).
Les six coureurs du podium portaient la même chaussure, l'adidas Adizero Pro Evo 3, un balayage de podium rare sur un Major.
Plus de 56 000 inscrits venus de 162 nations, le plus gros Marathon de Berlin de l'histoire, et environ 250 coureurs qui y ont décroché leur médaille Six Star.
Et pour ceux qui veulent y être l'an prochain : la course aura lieu le 26 septembre 2027, et la loterie d'inscription est ouverte du 1er octobre au 12 novembre 2026.
Ce que le 40e km de Berlin t'apprend
Deux histoires, deux leçons pour ton propre marathon.
Celle d'Adola d'abord. Il a attendu le 30e kilomètre pour attaquer, dans un groupe où tout le monde avait déjà le semi en 1h01 dans les jambes. À 35 ans, il court plus vite qu'à 26. Ce n'est pas un hasard : un marathon se gagne dans les dix derniers kilomètres, et ce que tu as fait les 30 premiers décide de ce qu'il te reste. Si tu prépares un objectif de printemps, c'est exactement le travail du bloc spécifique : des sorties longues avec des portions à allure cible en fin de séance, pas au début. On en détaille la construction dans notre guide Plan d'entraînement marathon : 16 semaines pour finir sans marcher.
Celle d'Assefa ensuite, et là il faut être clair. Ce qu'elle a fait est hors norme, mais c'est une athlète professionnelle, encadrée, qui jouait un record du monde. Toi, si une douleur tendineuse apparaît au 31e kilomètre et s'aggrave, tu t'arrêtes. Une rupture du tendon d'Achille, c'est une opération et plusieurs mois sans courir. Aucun chrono amateur ne vaut ça. Le pilier mental, dans notre méthode, ce n'est pas serrer les dents à tout prix : c'est savoir distinguer l'inconfort normal des 10 derniers kilomètres d'un signal d'alarme du corps, et prendre la bonne décision quand la lucidité baisse.
Le troisième point concerne le pilier nutrition. Berlin confirme ce que montrent tous les Majors : les écarts se creusent après le 30e kilomètre, quand les réserves de glycogène sont basses. Ta stratégie de ravitaillement se teste à l'entraînement, pas le jour J. Notre guide Éviter le mur du marathon te donne les repères concrets.
Si tu veux un plan qui articule ces trois dimensions pour ton prochain marathon, notre accompagnement marathon est construit exactement pour ça.
Pierre-Alexandre, coach Le Triangle
Prêt à construire ton triangle ?
Un coach Le Triangle t'accompagne sur les trois piliers : entraînement, nutrition, mental.
Parler à un coach →