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Cassandre Beaugrand championne du monde 2026 : cinq courses, cinq victoires, et une leçon de course à pied

Triathlète en pleine course à pied dans les rues d'une ville, concentrée, lors de la dernière partie d'un triathlon

Samedi 26 septembre à Pontevedra, en Galice, Cassandre Beaugrand a remporté la finale des World Triathlon Championship Series en 1h50'52 et décroché son deuxième titre de championne du monde après celui de 2024. Cinq départs sur le circuit cette saison, cinq victoires, le score maximal de 5 250 points. Derrière, plus d'une minute d'écart sur la Britannique Georgia Taylor-Brown. Voici comment elle a construit cette course, et ce qu'un triathlète amateur peut en retenir.

Une natation de placement, pas de bataille

Départ sans combinaison dans la rivière Lérez, deux boucles pour 1 500 m. La Britannique Tilly Anema sort de l'eau en tête en 19'19, deux secondes devant l'Italienne Bianca Seregni. Beaugrand n'a pas cherché à suivre ce duo : elle sort en sixième position, 27 secondes derrière la première, exactement au même niveau que sa rivale pour le titre, Beth Potter, et que la tenante du titre Lisa Tertsch.

Ce détail compte. Avant la finale, Beaugrand comptait 4 000 points, Potter n'était pas loin. Sortir dans le bon paquet, avec les bonnes personnes, c'était l'objectif numéro un.

Un vélo qui a fait le tri

Le circuit de 40 km, neuf tours, comportait une côte répétée à chaque passage. Peu de dénivelé sur le papier, mais une succession de relances qui a usé le peloton. Au troisième tour, la Polonaise Roksana Slupek chute dans le groupe de tête, la Britannique Sophie Evans tombe avec elle et abandonne.

Tertsch décroche au quatrième tour, Anema perd pied sur la côte au cinquième. Il reste huit athlètes devant : Beaugrand, Potter, Taylor-Brown, Kate Waugh, Therese Feuersinger, Laura Lindemann, Kirsten Kasper et Márta Kropkó. Taylor-Brown organise le relais. À l'entrée du deuxième parc, l'échappée compte près de deux minutes d'avance sur les poursuivantes, dont les Françaises Léonie Périault et Emma Lombardi, qui n'avaient pas réussi à intégrer le bon groupe à la sortie de l'eau.

La course à pied qui a tout réglé

Les huit posent le vélo en sept secondes. Beaugrand attaque dès les premières foulées. Seule Taylor-Brown tente de suivre, elle est lâchée avant la fin du premier tour. Les écarts racontent une course maîtrisée de bout en bout : 21 secondes après un tour sur trois, 43 secondes après deux, 56 secondes au dernier pointage intermédiaire, 1'05 sur la ligne.

Son 10 km : 32'35. Taylor-Brown termine deuxième en 1h51'57, Waugh troisième en 1h52'23, Potter quatrième à 2'03 après une première moitié de course difficile.

Côté françaises, Léonie Périault signe une belle remontée à pied pour finir 8e en 1h53'47, Emma Lombardi termine 14e en 1h54'22. Au classement général de la saison, Périault est 5e et Lombardi 9e.

Ce que ce titre dit de sa saison

Beaugrand avait gagné à Alghero, Quiberon, Londres et Weihai avant Pontevedra. C'est sa 13e victoire sur le circuit WTCS. Selon World Triathlon, elle n'est que la quatrième femme de l'ère Series à cumuler deux titres mondiaux. Le contraste avec 2025 est net : l'an dernier à Wollongong, arrivée en favorite, elle avait abandonné et laissé le titre à Lisa Tertsch.

Ses mots après l'arrivée, rapportés par la FFTRI : « J'ai appréhendé la course avec pas mal de pression. J'avais gagné 4 courses avant cette finale mais je n'avais pas beaucoup de marge sur Beth Potter. Je n'étais pas à l'abri d'une défaillance comme ce fut le cas l'an passé en course à pied. » Et sur le parcours, cité par World Triathlon : elle gardait le souvenir de 2023 sur ce même circuit, quand elle avait été prise de crampes, et dit avoir énormément travaillé en côte cette année.

Le lendemain chez les hommes, Matthew Hauser bat Vasco Vilaça au sprint pour 8 centièmes, tous deux en 1h39'31, mais c'est le Portugais qui prend le titre mondial grâce à sa régularité sur la saison. Alex Yee, parti avec 50 secondes de retard en T2, finit troisième avec un 10 km en 28'46. Pour la France, la semaine a aussi apporté les titres U23 d'Ilona Hadhoum et Nils Serre-Gehri, et trois titres en paratriathlon pour Alexis Hanquinquant, Camille Sénéclauze et Jules Ribstein.

C'était aussi la dernière finale sous le nom WTCS. Dès 2027, le circuit devient le T50, on t'en parlait dans notre article sur le Triathlon World Tour 2027.

Ce que ça t'apprend pour ton triathlon

Trois enseignements concrets, un par pilier.

Entraînement : Beaugrand a gagné la course au moment où tout le monde était cuit, sur un parcours qui alternait relances à vélo et côte. Elle le dit elle-même, elle a travaillé les côtes toute l'année. Pour un amateur sur distance sprint ou olympique, la séance qui rapporte le plus n'est pas le 10 km à plat, c'est l'enchaînement vélo puis course à pied avec des changements de rythme, sur un profil qui ressemble à celui de ta course. Notre guide sur les transitions T1 et T2 explique pourquoi les premières minutes à pied conditionnent tout le reste.

Nutrition : les crampes de 2023 sur ce parcours sont restées dans sa tête trois ans. Sur une course de moins de deux heures, ce qui fait dérailler, c'est rarement le manque d'énergie, plus souvent l'hydratation et le rythme des prises. Ça se règle à l'entraînement, pas le matin de la course.

Mental : arriver avec 4 000 points et « pas beaucoup de marge » signifie qu'un mauvais jour aurait effacé toute la saison. Sortir de l'eau avec les bonnes personnes, prendre les relais à vélo, attaquer tout de suite à pied : chaque décision réduisait les risques au lieu de les subir. C'est ce qu'on travaille dans la gestion du stress d'avant-course : un plan simple, décidé à froid, qu'on exécute sans négocier avec soi-même.

Si tu prépares un sprint ou un olympique et que tu veux une préparation construite autour de ton parcours et de tes points faibles, découvre notre accompagnement triathlon sprint et olympique.

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Pierre-Alexandre, coach Le Triangle

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