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GR5 : Romain Olivier bat le record de la Grande Traversée des Alpes en 5 jours 18 heures

Traileur progressant sur un sentier de montagne herbeux sous un ciel bleu

Parti de Thonon-les-Bains le mardi 28 juillet 2026 à 6 heures, le traileur français Romain Olivier a rejoint Nice dans la nuit de dimanche à lundi, après 138 heures et 43 minutes d'effort. Soit 5 jours, 18 heures et 43 minutes pour avaler les quelque 630 kilomètres de la Grande Traversée des Alpes. Un chrono hors normes, qui mérite quelques précisions avant d'être célébré.

630 kilomètres entre le Léman et la Méditerranée

Le GR5, dans sa version alpine, relie les rives du lac Léman à la Méditerranée. Environ 630 kilomètres et de l'ordre de 34 000 à 35 000 mètres de dénivelé positif selon les tracés retenus, à travers plusieurs massifs alpins d'affilée.

Romain Olivier devait rejoindre Nice avant le lundi 3 août à 12h27 pour passer sous la précédente référence de Sébastien Raichon. Il a terminé largement en avance, sous la barre symbolique des six jours.

Pour donner l'échelle : c'est presque quatre UTMB enchaînés, sans ligne d'arrivée intermédiaire, sans ravitaillement balisé tous les 15 kilomètres, et sans concurrent à côté de soi pour se raccrocher.

Un record « avec assistance » : la nuance qui compte

C'est le point que beaucoup vont zapper. La performance de Romain Olivier est enregistrée dans la catégorie « avec assistance », celle où une équipe peut suivre le coureur et gérer une partie de sa logistique.

Or, au départ de Thonon-les-Bains, il avait annoncé viser le record en autonomie de Sébastien Raichon. Les informations disponibles ne précisent pas à quel moment ni pourquoi les modalités ont évolué en cours de tentative.

Concrètement :

- l'ancien record avec assistance, détenu par Romain Sophys, était de 160 heures. Romain Olivier l'améliore de 21 heures et 17 minutes ; - le record en autonomie de Sébastien Raichon, 6 jours 6 heures et 27 minutes établi en août 2021, reste formellement debout, même si Olivier a mis moins de temps sur le terrain.

Deux catégories, deux jeux de règles, deux chronos qui ne se comparent pas directement. Cela n'enlève rien à la vitesse de la traversée : Romain Olivier détient désormais le meilleur temps absolu répertorié sur le GR5 entre Thonon-les-Bains et Nice.

Un départ très rapide, puis la casse dès le troisième jour

Le scénario de la traversée est instructif. Romain Olivier est parti extrêmement fort : 140 kilomètres avalés en 23 heures et 4 minutes, soit une moyenne dépassant les 6 km/h pauses comprises.

Ses temps de passage sur les premières heures :

- La Chapelle-d'Abondance, km 42 : 5h42 - Samoëns, km 78 : 11h57 - Les Houches, km 120 : 20h08 - Rosuel, km 198 : 33h50 - Bessans, km 243 : 43h29 - Modane, km 312 : 63h10

À mi-parcours, il avait donc un peu plus de deux jours et demi dans les jambes. Puis les problèmes physiques sont arrivés dès le troisième jour. Sur un effort de cette durée, ce ne sont jamais les jambes seules qui décident : le manque de sommeil, les troubles digestifs, l'état des pieds et l'accumulation kilométrique font exploser des rythmes pourtant parfaitement maîtrisés au départ.

Il a continué à avancer jusqu'à Nice malgré tout. C'est probablement l'enseignement le plus solide de cette traversée.

Quinze jours après un ultra de 170 kilomètres

Le contexte rend la performance encore plus étonnante. Deux semaines avant de partir sur le GR5, Romain Olivier remportait l'Ultra Tour du Grand Raid du Guillestrois-Queyras, environ 170 kilomètres et 11 000 mètres de dénivelé positif, en un peu plus de 23 heures.

Enchaîner une course de ce niveau puis une traversée de 630 kilomètres quinze jours plus tard pose frontalement la question de la récupération. Il faut le dire clairement : ce n'est pas un modèle à copier. C'est le résultat d'années de charge accumulée et d'un profil physiologique très particulier, pas une méthode transposable à un amateur.

Ce que ce record change à ta préparation

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Entraînement. Le départ à 6 km/h de moyenne sur 140 kilomètres, puis les difficultés au troisième jour, illustrent une règle universelle : sur du long, ce qui te coûte cher en début d'effort se paie toujours plus tard. Le pacing des trois premières heures d'un ultra détermine souvent la seconde moitié.

Nutrition. Les problèmes digestifs sont l'une des premières causes de dégradation sur les efforts très longs. Ils se travaillent à l'entraînement, pas le jour J. Notre guide sur combien de glucides par heure en course d'endurance donne les repères à tester en sortie longue.

Mental. Romain Olivier n'a pas gagné contre des adversaires. Il a tenu contre la fatigue, le sommeil et le chronomètre, avec la casse installée. Continuer à avancer quand le plan initial est tombé, c'est une compétence qui se construit avant la course.

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