Sierre-Zinal 2026 : Kiriago et Florea s'imposent, le record de Jornet résiste

La 53e édition de la course des cinq 4000 s'est disputée ce samedi 8 août 2026, sur 31 km et environ 2 200 m de dénivelé positif. Philemon Kiriago l'emporte chez les hommes en 2 h 26 min 24 s, Monica Madalina Florea chez les femmes en 2 h 55 min 44 s. Deux courses très différentes, deux scénarios qui en disent long sur la gestion de l'effort.
Kiriago vainqueur malgré une erreur de parcours
Dès la longue montée vers Chandolin, le Britannique Jacob Adkin prend les commandes et durcit la course. Derrière, le duo kényan formé par Philemon Kiriago et Patrick Kipngeno contrôle l'écart sans s'affoler. À l'Hôtel Weisshorn, les deux hommes se retrouvent seuls aux avant-postes, séparés de quelques secondes à peine.
La course bascule quand Kiriago commet une erreur de parcours et perd du terrain. Beaucoup pensaient alors que la victoire venait de lui échapper. Le Kényan se recale, revient progressivement sur Kipngeno, puis reprend les commandes dans la dernière partie du tracé. Il franchit la ligne à Zinal en 2 h 26 min 24 s, avec 32 secondes d'avance sur Kipngeno, deuxième en 2 h 26 min 56 s. Michael Selelo Saoli complète le podium en 2 h 29 min 36 s, à 3 min 12 s du vainqueur. Jacob Adkin, longtemps leader, termine quatrième en 2 h 30 min 49 s.
Le record de Kilian Jornet tient pour 50 secondes
Pendant une bonne partie de la course, le duo Kiriago et Kipngeno semblait sur les bases du record de Kilian Jornet, établi en 2024 en 2 h 25 min 34 s. Au final, Kiriago échoue à 50 secondes de cette référence. Compte tenu de son détour involontaire, la question restera ouverte jusqu'à l'édition suivante : sans cette erreur, le chrono de l'Espagnol serait-il tombé ?
Florea renverse la course féminine dans la descente
Chez les femmes, le scénario a été encore plus mouvementé. La Britannique Morven Goodrum, championne d'Europe 2026 de course en montagne en montée, prend les commandes dès les premiers kilomètres et casse le peloton dans l'ascension. À Chandolin, la Roumaine Monica Madalina Florea et la Néerlandaise Nienke Brinkman recollent. Goodrum repart pourtant seule en tête à l'Hôtel Weisshorn, avec une trentaine de secondes d'avance.
Tout bascule dans la dernière partie, plus roulante, puis dans la descente vers Zinal. Florea revient, déborde Goodrum, et tient bon malgré une chute qui aurait pu lui coûter la victoire. Elle s'impose en 2 h 55 min 44 s. La tenante du titre Caroline Kimutai, un temps reléguée à la cinquième place, signe un retour fort pour prendre la deuxième place en 2 h 56 min 30 s, à 46 secondes. Goodrum complète le podium en 2 h 57 min 12 s, à 1 min 28 s. Trois femmes en moins d'une minute et demie, après près de trois heures de course.
Une édition privée de ses stars, mais pas de son niveau
Kilian Jornet et Rémi Bonnet étaient forfaits. Certains craignaient une édition au rabais. Le chrono du vainqueur, à 50 secondes du record absolu, et la densité du podium féminin ont balayé le doute. Sierre-Zinal reste une course où le classement se joue dans les derniers virages, pas dans la start-list.
Ce que Sierre-Zinal 2026 dit de ta propre préparation
Cette édition illustre trois choses que l'on retrouve à tous les niveaux, du podium élite au dossard du dimanche.
L'entraînement, d'abord. Florea n'a pas gagné dans la montée, elle a gagné dans la descente vers Zinal. Sur un profil comme celui-ci, la descente n'est pas un moment de récupération, c'est un secteur de course à part entière, et c'est aussi celui qui coûte le plus cher musculairement si on ne l'a jamais travaillé. Si tu n'as pas de montagne à ta porte, tu peux malgré tout construire une base solide : on détaille comment dans notre guide s'entraîner au dénivelé quand on habite en plaine.
Le mental, ensuite. Kiriago perd du temps sur une erreur de parcours et gagne quand même. Ce n'est pas une question de serrer les dents, c'est une question de capacité à revenir à son plan de course après un imprévu. Un ravitaillement raté, une crampe, un départ trop rapide : ce qui fait la différence, c'est le temps que tu mets à revenir à ton allure cible, pas l'incident lui-même.
La nutrition, enfin. Entre 2 h 30 et 3 h d'effort en altitude, l'apport en glucides et en liquide devient un facteur limitant, y compris sur une distance qu'on juge « courte ». Un plan nutritionnel testé à l'entraînement vaut mieux qu'un choix improvisé sur un ravitaillement.
C'est exactement la logique des trois piliers du Triangle : l'entraînement, la nutrition et le mental ne se travaillent pas séparément, ils se pilotent ensemble. Si tu veux construire ta prochaine saison sur cette base avec un coach, découvre nos offres d'accompagnement.
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