Jimmy Gressier en bronze sur 10 000 m aux Europe 2026

Samedi 15 août, à l'Alexander Stadium de Birmingham, Jimmy Gressier a décroché la première médaille de sa carrière dans des championnats d'Europe en plein air. Un bronze en 28'07''90, arraché au sprint après avoir été lâché à plus de trois kilomètres de l'arrivée. Le scénario de sa course dit quelque chose d'utile à tous ceux qui courent avec un dossard.
Une médaille arrachée dans le dernier tour
Le 10 000 m des championnats d'Europe 2026 s'est couru le samedi 15 août au soir à l'Alexander Stadium de Birmingham, dans le cadre d'une compétition qui s'est tenue du 10 au 16 août. Jimmy Gressier a franchi la ligne en troisième position, en 28'07''90, moins d'une seconde devant l'Italien Yeman Crippa. Le Français a placé son accélération à environ 250 mètres de l'arrivée.
C'est sa première médaille dans des championnats d'Europe en plein air. Le coureur de Boulogne-sur-Mer, 29 ans, entraîné par Adrien Taouji, est par ailleurs champion du monde du 10 000 m. Quelques jours plus tôt à Birmingham, il avait terminé au pied du podium du 5000 m, quatrième en 13'16''36.
Deux autres Français figuraient dans cette finale. Baptiste Guyon a pris la cinquième place en 28'20''61 et Simon Bédard a terminé neuvième en 28'24''62.
Almgren a fait exploser la course de l'intérieur
Le vainqueur n'a jamais été menacé. Le Suédois Andreas Almgren, qui avait fait l'impasse sur le 5000 m, a pris les commandes après un premier kilomètre couru en 3'17'', soit un rythme de mise en route. Il a ensuite enchaîné les kilomètres en 2'40'', des bases de 26'40'' sur la distance, sans jamais se faire relayer.
Ils n'étaient bientôt plus que quatre à tenir : le Néerlandais Mike Foppen, le Suisse Dominic Lobalu, Crippa et Gressier. Foppen a abandonné à six kilomètres de l'arrivée. À 3600 mètres de la ligne, Crippa et Gressier ont cédé, puis Lobalu à son tour.
Almgren a poursuivi seul, avec des tours de piste en 1'04'' et une portion entre le septième et le huitième kilomètre bouclée en 2'35''. Il a franchi la ligne en 27'23''44, avec près de vingt secondes d'avance sur Lobalu (27'42''67).
Être lâché ne veut pas dire avoir perdu
C'est le point qui mérite d'être retenu. Gressier a perdu le contact avec la tête de course à 3600 mètres de l'arrivée. Il aurait pu se saborder à ce moment-là et s'enfermer dans un discours de course terminée. Il a couru son propre rythme, encaissé, puis remis une accélération dans le dernier tour pour aller chercher le bronze.
Ses mots après la course sont ceux d'un athlète qui n'a pas confondu un décrochage avec un abandon : « Aujourd'hui, je reste fiable dans les grands championnats, je me bats jusqu'au bout et je n'abandonne pas. » Il a aussi reconnu ne pas avoir eu ses meilleures jambes ce soir-là.
Le froid, le vent et la logique du peloton
Un détail technique mérite l'attention. La finale s'est disputée par 16 degrés en fin de soirée, avec du vent. Almgren, en menant seul du début à la fin, a fait tout le travail face au vent. Baptiste Guyon a décrit la course comme une logique cycliste, où l'on s'abrite derrière les plus forts.
C'est un rappel utile pour l'amateur. Sur route comme sur piste, se placer coûte ou fait gagner de l'énergie. Courir dix kilomètres seul face au vent et les courir abrité dans un groupe, ce ne sont pas les mêmes dix kilomètres.
Ce que cette course change à ta préparation
Le Triangle repose sur trois piliers, et la course de Gressier les touche tous les trois.
Sur l'entraînement, la capacité à revenir après un décrochage n'a rien de magique. Elle se construit avec des séances où l'on produit un effort de qualité sur des jambes déjà entamées, et avec du travail de vitesse maintenu tout au long de la préparation, pas seulement en début de cycle. Un finish existe parce qu'il a été entraîné.
Sur le mental, le moment où l'on perd le contact est celui où la course se joue vraiment. Ce que tu te dis à cet instant détermine la suite. C'est exactement le sujet de notre guide sur le dialogue interne pendant l'effort.
Sur la nutrition, la question énergétique reste secondaire sur un 10 km. Mais dès que la durée augmente, le décrochage vient plus souvent d'une gestion approximative des glucides et de l'hydratation que d'un manque de forme.
Si tu prépares un 10 km cet automne et que tu veux structurer ces trois dimensions plutôt que de les subir, découvre notre approche du 10 km.
Prochaine échéance pour Jimmy Gressier : le 5 km des championnats du monde sur route de Copenhague.
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